Accueil > Philosophie > 5 livres à lire absolument pour vous mettre à la philosophie

5 livres à lire absolument pour vous mettre à la philosophie

Ça vous intrigue, mais vous ne savez pas par où commencer. S’initier à la philosophie n’est pas toujours évident, car, disons les choses, les grands classiques ne sont pas tous abordables et peuvent vous dégoûter de la philo à tout jamais.

Alors, pour vous éviter cela, voici une petite sélection de livres courts et accessibles pour commencer à lire de la philosophie :

Lettre à Ménécée — Épicure (109 pages) 

109 pages pour comprendre l’Épicurisme, une philosophie axée sur la recherche du bonheur et de la sagesse, fondée par Épicure lui-même (philosophe grec né en 342 av. J.-C. et mort en 270 av. J.-C.). Le livre est écrit sous forme de lettre car il s’adresse en premier lieu à son disciple Ménécée, chargé de faire perpétuer la philosophie d’Épicure après sa mort.

Si vous cherchez un manuel du bonheur, en voici un. La pensée d’Épicure c’est comme un gros pansement que l’on mettrait sur nos plaies enfouies au fond de nous. D’abord, parce qu’Épicure considère la philosophie comme médecine de l’âme, il nous invite donc à pratiquer la philosophie au quotidien pour vivre mieux.

Qu’on ne remette pas à plus tard, parce qu’on est jeune, la pratique de la philosophie et qu’on ne se lasse pas de philosopher, quand on est vieux. En effet, il n’est, pour personne, ni trop tôt ni trop tard, lorsqu’il s’agit de veiller à la santé de son âme. — extrait de la Lettre à Ménécée.

Ainsi, Épicure propose des méthodes pour apaiser nos angoisses (la mort et la douleur par exemple) et pour mieux vivre, dans le but d’atteindre l’ataraxie (= absence de troubles de l’âme, le bonheur absolu quoi).

  • Les grands thèmes abordés : la quête du bonheur, le plaisir, la peur de la mort, la douleur.

L’Art d’avoir toujours raison — Schopenhauer (96 pages) 

Il s’agit d’un petit guide de rhétorique. Avec L’Art d’avoir toujours raison, autant vous dire que vous ne serez plus jamais à court d’argument face à quelqu’un qui vous déstabilise. Dans cet ouvrage, Schopenhauer nous livre 38 stratagèmes à appliquer pour apprendre à être convaincant en public (et accessoirement, pour clouer le bec à n’importe qui).

Mais quel rapport avec la philo ? On y vient ! Dans ce livre, Schopenhauer fait d’une part référence aux sophistes, des maîtres en rhétorique grecs, qui enseignaient l’art de parler en public mais dont les discours étaient faux et vides de sens. Mais surtout, il nous initie à la dialectique éristique, c’est-à-dire l’art de mener un débat de manière à avoir toujours raison.

D’autre part, ce livre est aussi une profonde étude de l’homme : on cherche à comprendre ses vices pour mieux les utiliser contre lui (la mauvaise nature du genre humain quoi). Schopenhauer nous donne alors toutes les ficelles de la nature humaine et de la rhétorique pour enfumer son auditoire en deux-deux.

Ne pas débattre avec le premier venu, mais uniquement avec les gens que l’on connaît et dont on sait qu’ils sont suffisamment raisonnables pour ne pas débiter des absurdités et se couvrir de ridicule (…) Il en résulte que sur cent personnes, il s’en trouve à peine une qui soit digne qu’on discute avec elle. — extrait de L’Art d’avoir toujours raison. 

Ces conseils précieux, illustrés d’exemples de conversations concrètes (pour mieux se mettre dans l’ambiance), nous font donc réfléchir sur le langage et l’absurdité des relations humaines.

Pensées — Marc Aurèle (128 pages) 

Ces Pensées sont rédigées par l’empereur romain Marc-Aurèle, entre 170 et 180 ap. J.C.

À l’origine, il s’agissait de petites notes qu’il écrivait pour lui-même, une sorte de journal intime d’un homme de pouvoir. Ses Pensées n’étaient donc pas destinées à être lues. Mais pourtant, cet ouvrage est devenu une référence de la philosophie stoïcienne.

Et la grande question du stoïcisme, c’est “comment atteindre le bonheur ?” Pour les stoïciens – dont Marc Aurèle fait partie -, il s’agit de trouver la sérénité absolue face aux évènements tristes ou angoissants de la vie.

Pour y parvenir, la règle n°1 c’est de ne pas être affecté par les choses qui ne dépendent pas de nous, à savoir : le matériel, l’opinion des gens, la pluie, la mort, la maladie… Tout cela ne dépend pas de nous, et nous n’avons aucun pouvoir dessus. Les seules choses que nous pouvons maîtriser ce sont nos émotions et nos jugements qui sont bien souvent faux ou exagérés, et c’est ce qui nous rend malheureux selon Marc Aurèle.

Si un élément externe vous fait souffrir, notre douleur n’est pas causée par cet élément en tant que tel mais par votre propre jugement de cet élément ; et vous avez le pouvoir d’annuler ceci à tout moment. — extrait de Pensées.

Ainsi, Marc Aurèle nous fait réfléchir sur notre rapport au monde, sur nos peurs, sur les relations humaines, sur la mort… Sous forme de courtes réflexions stoïciennes, ses pensées nous invitent à trouver la sagesse, à nous défaire de nos interprétations, car le sage ne laisse aucun jugement entraver son bonheur et sa sérénité.

  • Les grands thèmes abordés : la quête du bonheur, la mort, le devoir, l’opinion publique, la nature humaine et les rapports humains.

Le Banquet — Platon (160 pages)

Le Banquet de Platon, c’est l’histoire d’une fête mondaine en -400 av. J.-C. chez le poète Agathon, qui reçoit chez lui 7 de ses amis (Phèdre, Pausanias, Eryximaque, Aristophane, Agathan et Socrate), et ce soir là, le sujet de conversation à table c’était l’amour.

Le Banquet c’est donc un très long dialogue entre les convives où chacun exprime ses pensées sur l’amour, tout en s’interrogeant :

  • Pourquoi on aime ?
  • C’est quoi la nature du désir ?
  • D’où vient ce sentiment qui nous pousse à nous unir à quelqu’un d’autre ?
  • Qu’attendent-ils donc, ceux qui passent leur vie ensemble ? etc. 

Les réponses sont multiples, et diffèrent en fonction des penseurs.

Chacun d’entre nous est donc une fraction d’être humain dont il existe le complément, puisque cet être a été coupé comme on coupe les soles, et s’est dédoublé. Chacun, bien entendu, est en quête perpétuelle de son complément. — extrait du Banquet.

Les discours s’enchainent alors, jusqu’à ce que Socrate intervienne et s’empresse de problématiser le sujet : on désire ce qu’on n’a pas. La suite, dans le livre.

commencer à lire de la philosophie

De la brièveté de la vie — Sénèque (61 pages) 

Si vous faites partie de ces gens qui pensent que la vie est trop courte et que c’est vraiment trop injuste, ces 61 pages sont faites pour vous.

Chacun conduit sa vie à grande allure et souffre de tout attendre du futur et d’être insatisfait du présent. — De la brièveté de la vie

Pour le stoïcien Sénèque, la vie n’est pas trop courte, au contraire, elle est même plutôt généreuse. C’est notre comportement, notre fâcheuse tendance à gaspiller notre temps qui nous donne l’impression que la vie défile à vive allure.

Il nous invite alors à prendre conscience de la valeur inestimable du temps, pour apprendre à le saisir, à vivre dans le présent et à ne plus s’éparpiller dans des choses futiles et sans intérêt.

commencer à lire de la philosophie

On vit comme des immortels, voilà ce que Sénèque nous dit. Et malheureusement, on ne pourra jamais être heureux tant que l’on n’aura pas accepté notre condition de mortel, car c’est la seule manière de se réapproprier le temps précieux dont nous disposons.

Vous l’aurez compris, ce livre remet gentiment les idées en place, tout en nous faisant réfléchir sur notre façon de vivre.

* Bonus pour les plus téméraires : Pensées — B. Pascal (735 pages) 

Oui, 735 pages, je sais que ça fait peur. Mais le livre est écrit en fragments (sous forme de petites maximes super faciles à lire) et évoque différents thèmes propres à la philosophie de Blaise Pascal.

N’hésitez pas à piocher dans les sujets qui vous intéressent : la religion, l’existence humaine, le divertissement, l’art de persuader, la condition humaine…

Doria

Doria Messaoudene

Rédactrice — diplômée en littérature, passionnée de philosophie et de plein de trucs cool qui font réfléchir.

6 commentaires

Retrouvez-nous sur Facebook