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Quelle est la différence entre la psychologie et la philosophie ?

On cherche tous quelque chose. Bien souvent le pouvoir, l’amour, l’argent, le succès, en se disant que ça nous rendra heureux. Mais, il y a une chose que l’on cherche et que l’on a du mal à nommer : c’est la paix. Être en paix avec notre passé, notre futur, nos peurs et nos angoisses. Voilà ce qu’on veut réellement : être en paix avec nous-même.

Face à cette quête de paix intérieure, il y a deux types de comportements : il y a ceux qui se laissent aller, qui ne se posent pas vraiment de questions sur leur condition, leurs problèmes. Ils se contentent de combler leurs désirs pour ne plus penser à ce qui les torturent.

Et il y a ceux qui réfléchissent. Ceux qui se posent des questions sur eux-mêmes, ceux qui veulent savoir comment ils fonctionnent pour comprendre leurs émotions, leurs peurs pour les apprivoiser et les maitriser. En toute franchise, ceux-là, sont certainement les plus malheureux car ils ont ouvert la porte aux questions ; et cette porte est difficile à refermer tant que les réponses ne conviennent pas. Eh oui, chercher à comprendre ce qui ne tourne pas rond chez nous, souvent, c’est pas très agréable. — Mais rassurez-vous, si vous faites partie de ces gens-là, vous êtes sur le chemin de la sagesse, et soyez-en fier.

Qu’on se le dise, on atteint rarement seul cette paix et ce bonheur absolus. Mais il existe deux trucs qui peuvent nous aider : la psychologie et la philosophie.

La philosophie et la psychologie sont des remèdes pour apprendre à mieux se connaître et exterminer nos démons intérieurs.

  • Maintenant, laquelle choisir ?
  • Laquelle vous correspond le plus ?
  • Qu’est-ce qui les différencient ?
  • Sur quoi portent-elles ?
  • Et surtout, comment chacune d’elles peut vous aider au quotidien ? 

On va commencer par des définitions très théoriques…

  • Psychologie : signifie littéralement : « la science de l’âme ». Il s’agit donc de l’étude des comportements et des pensées. Elle permet de comprendre les idées, sentiments, la manière d’agir et de penser d’un individu.
  • Philosophie : signifie littéralement : « l’amour de la sagesse ». Il s’agit d’une discipline qui questionne et qui interroge le monde et l’existence humaine. 

Voilà une première distinction. Mais vous vous doutez bien que l’on ne va pas s’arrêter là.

Un peu d’histoire : quelle discipline est la plus ancienne ?

C’est la philosophie. En effet, on pratiquait la philosophie dès l’Antiquité. Et on observe 3 grandes périodes qui ont construit les bases de la philosophie :

  • La période présocratique c’est-à-dire les philosophes avant Socrate (470-399 av. J.-C.). Parmi les plus célèbres il y a : Thalès, Pythagore, Héraclite, Zénon, Paménide, etc. Leurs réflexions étaient surtout axées autour de la nature, l’origine de la vie, l’astronomie, ou encore de la politique. Mais, déjà à l’époque, les philosophes s’imposent une énorme rigueur : tous leurs concepts doivent être rationnels (totalement révolutionnaire, car rappelons-le, la culture grecque était surtout bercée par la mythologie — donc l’imaginaire).
  • La période classique et le Ve siècle av. J.-C. — L’époque de Socrate (considéré comme le père de la philosophie), de Platon et d’Aristote entre autres. À cette période, on s’intéresse surtout à l’homme, à l’émergence de la pensée, à la morale, et à la question du bonheur (comment bien vivre).
  • La période hellénistique — où sont apparus les philosophes Épicure, Sénèque, Cicéron, Marc Aurèle, Épictète et les courants philosophiques comme le Stoïcisme ou le Scepticisme.

Vous l’aurez compris, dès l’Antiquité, les philosophes se sont penchés sur la connaissance du monde, amenant réflexions sur la morale, l’existence humaine, le désir, la quête du bonheur et la sagesse.

Et la psychologie ?

Quant à la psychologie, le terme n’apparaît seulement qu’à la fin du XVe siècle dans le livre Psichiologia de ratione animae humanae, de Marko Marulić (un savant croate). La discipline n’avait alors pas de nom, mais ça n’empêchait pas les penseurs de réfléchir sur l’esprit et les comportements humains.

Ainsi, la psychologie a longtemps été considérée comme une branche de la philosophie. Il faudra attendre le XVIIIe siècle, pour que la psychologie devienne autonome, grâce à l’université et à Wolff qui, en 1732, distingue la psychologie empirique de la psychologie rationnelle .

Elle sera ensuite reconnue comme science à part entière dans les années 1870, avec les premières publications scientifiques.

Petite conclusion :

L’histoire de la psychologie s’inscrit dans l’histoire de la philosophie, et en cela, la psychologie va reprendre les grandes questions des philosophes et y répondre de manière scientifique. Mais elle va surtout se concentrer sur le rapport fondamental de l’homme à soi.

Maintenant, parlons pratique : à quoi servent-elles ?

Leur but ? Le même. Aller mieux, aider l’homme à affronter des évènements difficiles, des épreuves… Elles permettent à l’homme de mieux se connaître, de comprendre ses troubles pour mieux vivre avec.

La psychologie

On vous dira d’aller voir un psychologue si :

  • Vous avez des difficultés dans vos relations personnelles
  • Vous avez un mal-être, des peurs, des angoisses, du stress, un coup de déprime, ou une mauvaise estime de vous-même
  • Vous êtes dans une situation douloureuse (deuil, séparation, maladie, traumatisme ancien ou plus récent, échec…)
  • Vous voulez faire le point sur votre vie, accroître vos potentialités, apprendre à mieux vous connaître (dev perso)

La philosophie

On ne vous dira jamais d’aller voir un philosophe. Au mieux, on vous conseillera un bon livre de philosophie qui traite du sujet qui vous angoisse. Mais concrètement, la philosophie ne soigne pas les traumatismes ou les troubles psychiques. Elle apaise. Voilà tout.

Elle apaise car elle sert à comprendre le monde. Elle fait réfléchir, et répond aux grandes questions que l’on se pose tous sur l’existence (le sens de la vie, le monde, l’amour, le bonheur, les relations humaines, nos faiblesses, nos peurs, et j’en passe). Car ces questions, des philosophes y ont déjà pensé bien avant nous. Il y a 2 500 ans. Et en lisant leurs expériences, leurs réflexions, leurs pensées, eh bien, on comprend ce qui nous arrive et on a moins peur.

Alors, c’est quoi leurs différences en vrai ?

D’abord, la psychologie est essentiellement centrée sur le “moi”. Elle cherche à comprendre les failles, les problèmes et les troubles du patient. Tandis que les domaines concernés par la philosophie sont bien plus larges : elle traite de l’homme en général, mais elle se demande aussi ce qu’est le monde, Dieu, les autres, la vie, le bonheur…

Ensuite, bien souvent la psychologie invite le patient à regarder en arrière ; à fouiller dans son enfance, à se souvenir d’un évènement qui serait l’origine d’un traumatisme. Elle cherche à guérir le passé. À l’inverse, la philosophie ne panse pas le passé. Elle permet, grâce à la rencontre des philosophes d’il y a 500 ou 2500 ans, de penser autrement, de ne pas rester bloqué sur des idées/pensées qui nous font du mal. On en découvre d’autres qui nous correspondent et on agit en fonction de celles-ci. En ce sens, la philosophie nous donne les clés pour agir, et pour prendre notre futur en main et redevenir maître de son destin.

C’est aussi en cela que la philosophie diffère de la psychologie : être philosophe, c’est vivre et agir d’une certaine façon, celle qui nous convient pour tendre vers le bonheur et la sagesse. La philosophie doit avant tout être un véritable art de vivre

Ainsi, le psychologue est celui qui étudie l’âme, pour soigner les traumatismes psychiques tandis que le philosophe est celui qui, à travers la connaissance, cherche la sagesse. Les deux disciplines peuvent aider considérablement au quotidien.

Mais la première étape consiste à prendre conscience de ce qui vous ronge, à mettre des mots dessus, et à comprendre (pour mieux s’en débarrasser). Une fois que vous avez fait votre diagnostique, à vous de voir si la psychologie vous aidera plus que la philosophie, ou vice versa.

Pour conclure… 

Quoi qu’on en dise, les deux disciplines semblent répondre au fameux : “connais-toi, toi-même” socratique. Apprendre à se connaître, pour maitriser nos failles, nos peurs, nos émotions et nos réactions. Mais aussi, pour être heureux avec les autres. 

Cela dit, il faut rester réaliste sur le sujet et rappeler qu’il existe deux genres de troubles : les traumatismes, qui relèvent de la médecine/science pour être réellement guéris ; et les petites inquiétudes qui nous touchent tous. Ces petites inquiétudes là, la philosophie peut les soigner. Mais son pouvoir s’arrête là.

L’homme est un être qui a besoin de sagesse — Aristote

Doria

Doria Messaoudene

Rédactrice — diplômée en littérature, passionnée de philosophie et de plein de trucs cool qui font réfléchir.

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