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Comprendre la Bourse facilement (même si vous êtes teubé)

La bourse ça a l’air cool, mais globalement, on y comprend rien. Acheter des actions, faire des bénéfices… on voit un peu ce que c’est mais ce n’est pas concret du tout.

Cet article est le SEUL que vous devriez lire pour comprendre la bourse facilement. Pour tout saisir, nous allons suivre la création d’une entreprise par un petit gars (comme vous et moi) jusqu’à son introduction en bourse. À la fin, tout sera clair.

Un peu d’histoire avant de commencer : d’où vient le mot « Bourse » ?

Tout simplement du nom de la famille Van der Buerse. La première Bourse vit le jour en Belgique, devant l’hôtel de la famille Van der Buerse. Cette Bourse fut donc créée au XIVe siècle à Bruges. Les commerçants de tous les pays venaient y faire des affaires. Ils se réunissaient par nationalité, et louaient des maisons autour de cette place de commerce pour faire du business toute la journée.

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Ainsi fut créée la première place d’échanges internationale nommée « Bourse ».

En France, la première Bourse fut créée en 1540 à Lyon. C’était l’une des plus puissantes villes d’Europe à cette époque.

Comprendre la bourse en suivant la vie d’une petite entreprise

Suivons les aventures de Pascal. Aujourd’hui, Pascal veut créer son entreprise en France. Il aime lire, et il aime les livres, alors il décide de créer sa propre librairie. Pourquoi pas !

Première étape : définir son capital de départ. Ces dernières années, Pascal s’est beaucoup privé et a réussi à économiser 10 000 € qu’il va mettre sur le compte bancaire de son entreprise pour commencer. C’est ce qu’on appelle le capital social de départ de l’entreprise. Cet argent servira à financer le démarrage de son entreprise.

Pascal commence donc avec 10 000 € mais il se rend vite compte qu’il a besoin de plus d’argent pour se développer rapidement. Il va chercher des investisseurs, c’est-à-dire des gens qui injecteront de l’argent dans son projet.

Malheureusement, personne ne croit en l’entreprise de Pascal… à part ses proches. Son frère, sa mère et un ami ont décidé de participer chacun à hauteur de 1 500 € dans sa société. Ces trois personnes deviennent alors actionnaires de l’entreprise de Pascal.

En « donnant » 1 500 € à sa librairie, ils achètent un petit bout de l’entreprise. Cela leur confère des droits comme le droit d’information sur les décisions que prendra Pascal, etc. Mais surtout, ils pourront toucher des dividendes chaque année. Autrement dit, si l’entreprise de Pascal fait des bénéfices, ses actionnaires pourront être rémunérés proportionnellement à leur investissement. En revanche, si Pascal ferme boutique, ses actionnaires auront perdu leur mise et ne pourront en vouloir qu’à eux-mêmes.

Mais soyez rassuré, Pascal est un vrai chef. Il a réussi à faire décoller son entreprise. Il a même ouvert une deuxième librairie, puis une troisième, puis une quatrième. Son entreprise commence même à attirer des fonds d’investissement.

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Heu… c’est quoi un fonds d’investissement ?

Un fonds d’investissement, c’est une entreprise qui injecte de l’argent dans d’autres entreprises en espérant toucher des dividendes chaque année. Pascal est ravi : un fonds d’investissement veut investir 400 000 € dans sa société ! Cela lui permettra d’ouvrir des librairies dans d’autres pays.

Quelques années plus tard, Pascal est à la tête de 200 librairies un peu partout dans le monde. Il a besoin de beaucoup, beaucoup d’argent pour passer à la vitesse supérieure et racheter ses principaux concurrents. Il a besoin de plusieurs millions d’euros que ni les banques, ni les fonds d’investissement ne peuvent lui prêter.

La solution ? Ouvrir son capital au monde entier, et entrer en Bourse. Au lieu d’attendre qu’un investisseur vienne frapper à sa porte, Pascal va permettre à n’importe qui d’acheter des actions dans son entreprise grâce à la Bourse, et donc de l’aider à financer ses projets. Encore une fois, une action se matérialise par un « petit bout d’entreprise ».

Donc tout le monde peut vraiment mettre de l’argent dans l’entreprise de Pascal ?

En gros, oui. Lors d’une introduction en Bourse, des milliers d’investisseurs – grands ou petits – vont acheter des actions et donc injecter de l’argent « neuf » dans l’entreprise. Après cette étape d’introduction, les actionnaires ne feront plus qu’échanger leurs actions avec d’autres actionnaires.

Reprenons notre exemple précédent. L’entreprise de Pascal entre en Bourse. Pascal va donc mettre en vente des milliers d’actions pour ceux que ça intéresse (vous, moi ou encore des grands fonds d’investissement). Les investisseurs accourent et achètent les actions – on appelle ça le marché primaire. À cette étape, l’argent généré par la vente des actions va directement dans les caisses de l’entreprise de Pascal. Quelques semaines plus tard, l’introduction se termine. L’entreprise de Pascal passe donc sur le marché secondaire, c’est-à-dire la Bourse « classique ».

Si Alice possède des actions dans l’entreprise de Pascal, elle pourra les revendre à Bob. L’argent ira de la poche d’Alice à celle de Bob – en passant par quelques intermédiaires techniques et financiers, bien sûr. L’entreprise de Pascal ne sera ni plus riche, ni plus pauvre après la vente entre Alice et Bob. Par exemple,  lorsque vous vendez votre Peugeot d’occasion, vous payez son propriétaire mais pas Peugeot. C’est la même chose sur le marché boursier secondaire.

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Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’une entreprise ne perd pas d’argent lorsque son cours baisse. C’est un peu comme votre voiture : chaque année, elle perd de la valeur à l’Argus mais cela ne veut pas dire que vous perdez de l’argent sur votre compte en banque ! Pour une entreprise, c’est pareil : si son cours boursier dégringole, elle ne perdra pas d’argent directement mais elle aura du mal à convaincre de nouveaux investisseurs, et à rester crédible face à la concurrence (ce qui peut être catastrophique, cela dit).

Avec tout ça, vous devriez déjà comprendre la bourse plus facilement. Mais restez encore un peu, vous allez apprendre d’autres trucs !

Et concrètement, la Bourse, ça sert à quoi ?

La Bourse est un grand marché centralisé. L’intérêt de la Bourse, c’est de faciliter le contact entre l’acheteur et le vendeur. Il faut savoir qu’en France, et avant la création et l’expansion du nombre de Bourses, les acheteurs et vendeurs se regroupaient dans l’actuel Pont au Change à Paris pour effectuer leur commerce.

Pont au change, Paris.
Pont au change, Paris.

Pour faire simple, investir facilement permet de gagner de l’argent, mais aussi de participer à la création de richesse plus facilement.

Mais pourquoi acheter des « bouts » d’entreprise (= des actions) ?

D’abord pour toucher des dividendes ! Un dividende représente simplement une partie du bénéfice de l’entreprise. En France, le bénéfice d’une entreprise est versé tous les ans.

Reprenons l’exemple de Pascal. L’entreprise de Pascal dégage 10 000 000 € de chiffre d’affaires par an. De cela, il faut bien entendu déduire son salaire et celui de tous ses employés puis tous les coûts que génère son entreprise (locaux, prestataires, etc.). Une fois que tout est payé, il reste à Pascal 1 000 000€. C’est ce qu’on appelle le bénéfice. Une partie de ce bénéfice pourra être réinvestie dans l’entreprise pour l’année suivante (acheter de nouveaux locaux, engager plus de personnel) ou bien distribuée aux actionnaires de l’entreprise.

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Une action est donc un investissement ! Plus l’entreprise fait de bénéfices, plus ses actions sont intéressantes à acheter parce que vous pourrez espérer toucher de jolis dividendes.

Être actionnaire – si l’on est un gros actionnaire – donne du pouvoir dans l’entreprise. Au minimum une fois par an se réunissent les principaux actionnaires afin d’approuver ou non les décisions prises par la direction de l’entreprise. Ce sont des Assemblées générales qui peuvent êtres ordinaires ou extraordinaires.

Certains dirigeants rachètent même des actions de leur propre entreprise pour pouvoir augmenter leur pouvoir au sein de l’entreprise. Eh oui, un président d’entreprise peut n’avoir presque aucun pouvoir dans sa propre entreprise s’il n’a pas suffisamment d’actions. C’est ce qu’a décidé le patron de Dell, la célèbre entreprise d’informatique, début 2013. Son fondateur, Michael Dell, décida de racheter sa propre entreprise et de quitter les marchés boursiers (le Nasdaq) pour diriger son entreprise en toute indépendance.

Que se passe-t-il si une entreprise cotée en Bourse se porte mal ?

Imaginons qu’une entreprise génère moins de bénéfices que prévu et perde donc de sa valeur. Elle verse donc moins d’argent aux actionnaires. De moins en moins d’actionnaires se presseront pour investir leur argent dans cette entreprise.

Alors, la valeur des actions va diminuer. Lorsque la valeur des actions baisse, les actionnaires cherchent généralement à revendre leurs actions. Ils les revendront moins cher qu’ils les ont achetées, car personne n’en voudra.

Si l’entreprise s’effondre totalement, les actions n’ont plus cours, et perdent toute leur valeur. Ainsi, tout investisseur perd l’intégralité de l’argent qu’il a investi. Ce fut le cas, par exemple, lors de la crise de Wall Street de 1929.

Stéphane

Stéphane Paton

Auteur turbulent, et fondateur de l'Institut Pandore. Je me lasse de tout, sauf d'apprendre et de dire des gros mots. J'écrivais sous pseudonyme (Félix Boussa et Charles Cohle).

4 commentaires

    • Oui c’est vrai, c’est remarquable sauf qu’une bonne partie de cet article à été pompé sur mon blog brse Trp afcile On dirait bien que l’institut pandore est en manque de créativité… 🙂

      • Hello,

        Si c’est une tentative (désespérée) de placer un lien juste pour du SEO, il y a d’autres manières de faire 😀 ! J’ai rédigé cette explication en janvier 2015 (6 mois avant ton article si j’en crois l’horodatage de ton site) pour l’intégrer dans l’écriture du livre de Damien Saison qui est sorti en décembre 2015. Preuve supplémentaire s’il en fallait une : j’avais publié une première version de mon explication sur un forum en…. décembre 2013 (http://d.pr/i/IJpJ). Aoutch.

        Tu sais, aucun de nous deux ne va révolutionner ni la pédagogie ni la finance pour expliquer un concept aussi générique que la bourse. Il est normal qu’on utilise les mêmes mots, et les mêmes concepts qui sait ! Ça serait presque bon signe.

        Bonne journée 🙂
        Stéphane

Stéphane

Stéphane Paton

Auteur turbulent, et fondateur de l'Institut Pandore. Je me lasse de tout, sauf d'apprendre et de dire des gros mots. J'écrivais sous pseudonyme (Félix Boussa et Charles Cohle).

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